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« Guerre et Paix » Bernard Devert

Guerre et Paix
reporter bfm lyon devant un commerce

Publié le dimanche 16 mars 2025 20:44

Par Gérald Bouchon

Tous les mois, retrouvez sur Lyon Demain, l’édito de Bernard Devert, président fondateur d’Habitat et Humanisme

Chaque mois, Bernard Devert, président-fondateur d’Habitat et Humanisme, nous fait part de sa réflexion sur la société qui nous entoure avec son lot d’espoir et d’inquiétude… Son édito, en ce mois de mars 2025, s’intitule « Guerre et Paix » .

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Bernard Devert

Guerre et Paix

L’Union Européenne depuis 80 ans a bénéficié de la paix. Soudain, en quelques semaines, l’avenir s’est assombri. Au point d’entendre un leitmotiv funeste visant à entrer dans une économie de guerre. Certes, elle n’est pas la guerre, elle la prépare pour sauver la paix.

Il aura suffi à deux hommes, placés à la tête de deux grandes puissances, de s’entendre pour mettre à genoux l’Ukraine alors même qu’elle était soutenue par l’une d’elles ! Quel retournement et quelle fragilité dans les décisions !

L’élection incontestable et incontestée du Président des Etats-Unis renverse les alliances. Qui s’est inquiété de lui demander comment il y parviendrait, alors qu’il jurait de mettre fin au conflit ukrainien en quelques jours, oubliant de dire qu’il se placerait du côté du maître du Kremlin, épousant ses mensonges et sa cupidité.

A date, les aides des Etats-Unis sont suspendues dans l’attente de la signature d’un contrat commercial visant la prise de possession des terres riches de minerais que possède ce pays assiégé, ensanglanté par la guerre. Une spoliation !

La guerre n’est jamais propre…

La guerre n’est jamais propre. Seulement lorsque les valeurs sont à ce point bafouées, l’inquiétude peut naître quant au devenir de ce monde qui se dit libre. Quelle liberté quand on s’en remet sans combattre à un agresseur sans foi, ni loi.

Une telle violence met à mal les valeurs de notre civilisation et il est heureux que la Communauté Européenne se rassemble pour s’opposer à un tel drame. L’espérance naît toujours du désespoir surmonté. Déjà, nous entendons des orientations impensables, il y a quelques semaines, pour envisager des financements possibles en vue de mettre en œuvre cette économie de guerre, 800 Mds€.

La peur serait-elle l’aiguillon de la raison pour concevoir des avancées en termes de rapprochement qui ne furent jamais imaginés pour susciter une économie de paix aux fins de mener ensemble une guerre contre la misère et la pauvreté.

Les dividendes de la paix de ces 80 ans furent ceux de l’insouciance.

Quand il s’agit de se défendre et de défendre ses biens, une intelligence créatrice se dessine, singulièrement anesthésiée lorsque l’enjeu est de défendre les plus vulnérables.

Les plus fragiles sont souvent victimes des décisions des puissants.

Les plus fragiles sont souvent victimes des décisions des puissants. Il est difficile de soutenir et même moralement inacceptable de dire que nous avons été à leurs côtés, au cours de ces décennies, alors que, dans un effort collectif, il eût été possible de leur apporter une aide significative. N’est-elle pas aujourd’hui à l’ordre du jour… pour se réarmer.

Au risque d’apparaître utopique   mais une authentique sagesse peut-elle s’en affranchir   l’économie de paix ne se construit que si elle est habitée d’un sens de l’humain, quasiment une transcendance conférant au discernement cette attention indispensable à nos démocraties pour qu’elles demeurent l’espace vital du respect de l’autre, des autres.

Les démocraties sont par essence vulnérables. Et c’est une de leur première qualité leur permettant de se mettre à distance des illusions mortifères de la puissance. Se rappelant cette formule si juste : « le pouvoir absolu corrompt absolument ». Le droit se tait quand la force parle.

Les élections des Etats-Unis soulignent combien ce discernement a manqué à cette grande démocratie. Pour avoir voté très majoritairement pour un homme brutal, avide de puissance. L’Europe, avec l’Allemagne, n’a-t-elle pas connu cette tragédie ? Quand bien même elle fut la Nation de Goethe, Rilke, Bach, Beethoven, Haendel.

L’Europe ne saurait se mettre à distance de l’économie de guerre. Puisse-t-elle ne pas oublier la guerre qu’elle doit aussi mener contre les causes de la pauvreté et la misère. Son armement ne sera pas seulement celui des chars, des avions de combat… Mais l’amitié des peuples, j’ose dire l’amour, non pas un dividende mais le fruit d’une paix à rechercher inlassablement.

Ecoutez aussi : « Le sans-abrisme n’est pas une fatalité » Bernard Devert

Guerre et Paix
Bernard Devert
Gérald Bouchon

Gérald Bouchon

Pionnier des radios libres, passionné de radio, journaliste et dirigeant de médias éco-responsables..

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